Avec l’avènement du numérique, les modes de travail ont évolué. De nouveaux défis s’imposent dans le monde du travail : digital detox, zen digital ou déconnexion numérique, autant de problématiques qu’il est impératif de traiter.

Votre connexion numérique impacte négativement votre vie personnelle et professionnelle ? Votre temps de travail ne semble plus être encadré par des horaires fixes ?

Attention, vous souffrez peut-être d’hyperconnexion.

Digital detox : un enjeu de taille

Décloisonnement entre vie professionnelle et vie privée

Phénomène en croissance, le concept de « digital detox » est né dans la Sillicon Valley en réaction à l’hyperconnexion et aux usages excessifs d’Internet.

Les modes de travail ont évolué avec l’utilisation du numérique depuis ses dernières décennies. Le temps de travail, notamment pour les emplois de bureau, n’est plus cadré par des horaires fixes, ce qui entraîne un véritable décloisonnement entre la vie privée et la vie professionnelle.

Ces problématiques sont devenues si quotidiennes que l’État français a été obligé de poser des limites et un cadre. Ainsi, en France, le droit à la déconnexion a été inscrit au Code du travail en 2016 pour assurer le respect des temps de repos et éviter les intrusions du numérique dans la vie privée.


Le manque de déconnexion ne repose pas uniquement sur les outils informatiques, mais sur l’usage qu’on en fait. Certes, les outils technologiques nous permettent de gagner du temps et de devenir plus d’autonomie et réactif, mais ils créent aussi plus de stress et plus de dépendance aux objets électroniques.

Les risques de l’hyperconnectivité

L’hyperconnectivité, c’est-à-dire, le fait d’être connecté de façon trop prolongée aux outils digitaux, peut avoir des conséquences néfastes importantes sur notre vie personnelle et professionnelle.

Les différents risques de l’hyperconnectivité :

  • Les risques psychosociaux : La surcharge cognitive (ou infobésité) permanente due au trop grand nombre d’informations à traiter entraîne un état de mauvais stress chronique et de fatigue, et favorise le burn-out.
  • Les troubles du sommeil : On ne peut pas se préparer une bonne nuit de sommeil si l’on est en hyperactivité et en hypervigilance. C’est le cas par exemple si vous utilisez votre téléphone le soir : tout d’abord à cause de la lumière bleue que ces derniers produisent. Cette lumière stimule votre organisme comme de la caféine lorsque vous utilisez votre smartphone avant d’aller dormir, ce qui entraîne une augmentation du rythme cardiaque ainsi qu’une diminution de la production de mélatonine c’est-à-dire l’hormone du sommeil.

Pensez avant tout à répondre à vos propres exigences pour ne pas tomber dans un cercle vicieux. Il est important de se fixer des objectifs journaliers réalisables pour ne pas créer du stress qui vous obligera à rester connecté plus tard pour réaliser toutes vos tâches.

Pour aller plus loin sur les risques lié au travail :
Prévention des RPS au travail en période de COVID
Sommeil et travail : l’impact du sommeil sur la performance en entreprise
Comment prévenir le burn-out ?

Les jeunes et les cadres, plus exposés

l'importance d'une digital detox chez les jeunes

Les cadres et les jeunes sont naturellement plus exposés aux risques de l’hyperconnectivité.

Les cadres, notamment à cause de leurs horaires de travail plus flexibles sont sujets à l’hyperconnexion. La tension qui est apportée à leur temps est plus intense. Ainsi, les cadres sont en moyenne interrompus toutes les 6 minutes dans leur travail et passent 30 % de leur journée à gérer leurs e-mails.

En 2018, 43% des salariés en France utilisaient des outils numériques plus de 6 heures par jour. Parmi eux, 47 % les utilisaient encore le soir après le travail, 45 % le week-end et 35 % pendant leurs congés.

66 % des 18-29 ans font usage de leurs outils numériques professionnels le soir

Étude L’impact des outils numériques professionnels sur les salariés français, Opinionway

Chez les jeunes, 66 % des 18-29 ans font usage de leurs outils numériques professionnels le soir et 58 % pendant le week-end. Ils peuvent avoir plus de difficultés à établir des priorités ou à hiérarchiser les données entrantes.

Les initiatives des entreprises

digital détox : ces entreprises qui ont sauté le pas

Certaines entreprises ont mené des initiatives pour lutter contre l’hyperconnexion numérique en mettant en place une digital detox. En voici quelques exemples :

  • Pour limiter les méfaits de l’hyperconnexion, le PDG de Rakuten (anciennement Priceminister) a décidé d’inviter l’ensemble de ses collaborateurs à ne pas consulter leurs mails. Le temps d’une matinée, les salariés participent à une désintoxication à l’addiction créée par la réception et l’envoie de mail.
  • La société Atos a voulu aller plus loin, en annonçant renoncer à l’usage des e-mails dans l’entreprise. « L’explosion du volume d’informations échangées, le développement de nouveaux modes de travail collaboratif, et le dévoiement de l’e-mail, source d’inefficacité, ont conduit Atos à mettre en place en 2011 son programme Zero e-mail ».
    Le prix « MAKE » (Most Admired Knowledge Enterprise), leur a été décerné pour la deuxième fois consécutive. Cette distinction est décernée aux entreprises qui témoignent constamment d’une volonté de créer de la valeur pour les actionnaires à travers l’excellence du niveau de gestion des connaissances et de collaboration. Cette récompense témoigne de leur forte culture de collaboration.
  • Pour Intel, la déconnexion passe par l’instauration du monde silencieux. 300 salariés sont invités à couper leurs messagerie et téléphone tous les mardis matin.
  • Chez Orange, on active le mode « Quiet time » avec 2h par jour de déconnexion des outils de communication digitaux.
  • Pour Volkswagen, la digital détox passe par un blocage des serveurs le soir et le week-end pour 1000 salariés de 18h15 le soir à 7h le matin.

En attendant que votre entreprise prenne des décisions comme celles ci-dessus, vous pouvez commencer de façon individuelle à vous déconnecter en prévoyant dans votre journée un espace de sieste ou d’activités sans écrans (lecture, activité sportive, etc.)

Les clés pour amorcer une digital detox

Avec de simples changements dans votre vie quotidienne vous pouvez parvenir à gagner du temps et améliorer votre productivité en réduisant votre niveau de stress. Nous vous proposons 5 pistes pour vous aider progressivement à atteindre vos objectifs et amorcer une digital detox :

Les 5 clés pour amorcer une digital detox

Faire la chasse aux voleurs de temps

Une digital detox réussie commence par une traque de tous les outils qui vous font perdre du temps.

Les voleurs de temps sont les outils de chat comme votre ordinateur, votre téléphone ou tout autre outil qui vont vous faire perdre du temps.

En Europe, en moyenne, nous passons 1h20 par jour sur les réseaux sociaux et 3h55 devant la télé.

Il important de se poser les questions suivantes pour savoir où vous en êtes dans votre addiction aux réseaux sociaux ou autres écrans :

  • Regardez-vous la télé tous les jours ?
  • Combien de temps passez-vous sur les réseaux sociaux ou sur des discussions de groupe via messagerie ?
  • Quelle durée de temps raisonnable pourrait suffire ?

Pour réduire votre addiction, vous pouvez petit à petit déconstruire votre habitude de consommation. En cassant le schéma classique suivant :

Vous allez pouvoir vous libérer de cette pollution numérique qui peut vous apporter du stress et de l’anxiété dans votre vie et vous libérer du temps pour pratiquer une nouvelle activité.

The low information diet : opter pour le régime à basse information

D’après Tim Ferriss dans son livre : La Semaine de 4 heures, le « régime à basse information » est né du constat que nous passons beaucoup de temps à consulter les applications de nouvelles (BFMTV, Les Echos, etc.) et que nous perdons beaucoup de temps à chercher des informations dont la valeur ajoutée est souvent très faible.

Se demander combien de temps vous passez à suivre l’actualité et quelle en est la valeur ajoutée peut vous aider à estimer si vous êtes en sur consommation d’information ou non.

Si vous avez peur de rater des informations, ne vous inquiétez pas ! Si vous ne courez pas après l’information, les principales nouvelles viendront à vous de toute façon.

Digital detox, ou éliminer les distractions à la racine

Pratiquer une digital detox, c'est enlever les notifications

Votre attention est précieuse. Accordez-la activement à ce que vous choisissez, plutôt que passivement aux sollicitations mineures.

Gardez en tête que d’après la Loi de Carlson : « un travail réalisé en continu prend moins de temps et d’énergie que lorsqu’il est réalisé en plusieurs fois », ainsi il vaut mieux garder votre concentration pour réaliser vos tâches par bloque.

À ce titre, vous pouvez bloquer les publicités qui peuvent être trop invasives et qui vous sollicitent tout au long de votre journée.

Pour ne pas polluer votre adresse mail, vous pouvez également vous désabonner des newsletters envahissantes et faire en sorte de ne communiquer vos coordonnées que le plus rarement possible.

Enfin, supprimez les applications mobiles non essentielles de votre téléphone, en somme vous pouvez enlever toutes les applications que vous n’avez pas utilisées dans les deux dernières semaines. Pratiquer une digital detox, c’est enlever les notifications non essentielles.

Le multitasking, ou l’art de faire tout n’importe comment

Le multitasking est devenu le Graal de nos sociétés modernes

Le multitasking coûte 450 Milliard $ par an à l’économie mondiale

The Effects of Multitasking on organizations (Realization, 2013)

Le multitasking est devenu le Graal de nos sociétés modernes. Les superhéros du monde de l’entreprise doivent savoir jongler entre des tâches multiples. Pourquoi faire une seule chose quand on peut en faire deux ou trois en parallèle ?

D’après l’Université de Californie, Irvine : Quand un email ou un appel vous interrompt au milieu d’une tâche, il faut du temps et de l’énergie pour retrouver toute votre concentration : 23 minutes en moyenne ! Loin d’améliorer votre activité, le multitasking la tue.

Une étude de TNS commandée par Hewlett Packar montre que le multitasking rend stupide. Les personnes qui jonglent entre plusieurs tâches en même temps subissent une perte temporaire de 10 points de QI, plus du double de la baisse observée dans les études sur les fumeurs de cannabis !

En réalité le multitasking n’existe pas. Nous devrions parler de micro-tasking. En effet, nos cerveaux ne sont pas équipés pour accomplir deux tâches en même temps. Lorsque nous croyons faire deux choses à la fois, nous sommes en fait en train d’alterner entre les deux. Il s’agit donc de micro-tasking.

Se réapproprier son temps de manière constructive

La nature a horreur du vide. 

Aristote

Le dernier point pour lutter contre l’hyperconnectivité est de se réapproprier son temps. Si la nature remplace le vide par nature, faites en sorte de remplacer ces temps par des activités diverses. Votre digital detox peut être l’occasion pour vous fixer de nouveaux objectifs : apprentissage d’une nouvelle langue, prévoir un voyage en France, etc.

Enfin, notre dernier conseil : rangez votre téléphone quand vous faites du sport ou quand vous voyez des amis. Ne pratiquez pas le Phubbing (mot-valise anglais formé à partir de phone (« téléphone ») et de snubbing (« snober, ignorer ») et qui peut se traduire par « télésnober », c’est l »acte d’ignorer des personnes physiquement présentes en consultant son téléphone plutôt que de communiquer avec elles.) Profitez de ces instants de partage pour vivre dans la vraie vie, sans votre téléphone.

Digital detox : Smartphone ou dumbphone?

Le smartphone est par définition un outil smart (intelligent) qui va vous aider à gagner du temps dans votre quotidien, à condition de ne pas le transformer en dumbphone (appareil stupide).

Pour utiliser votre appareil correctement utiliser la règle du Rule of One : avoir un système digital structuré, centralisé et aussi léger que possible avec des canaux clairs. En un mot, pratiquer le zen électronique. C’est-à-dire pas de notifications ni de distractions inutiles.

Exemples d’outils utiles à votre digital détox :

  • OneTab : chaque fois que vous vous retrouvez avec trop d’onglets, cliquez sur l’icône OneTab pour convertir tous vos onglets en une liste. Lorsque vous avez besoin d’accéder à nouveau aux onglets, vous avez la possibilité de les restaurer individuellement ou tous à la fois.
  • Boomerang : Boomerang pour Gmail vous permet de prendre le contrôle et de choisir quand vous envoyez et quand vous recevez des e-mails.
  • RescueTime : suit automatiquement le temps que vous passez sur les applications, les sites Web et même des documents spécifiques sans minuteries ni entrées manuelles. Vous obtiendrez des rapports détaillés surs exactement où passe votre temps et ce qui entrave votre productivité. Découvrez la vérité sur vos habitudes de travail, trouvez des pertes de temps et fixez-vous des objectifs intelligents afin de suivre vos progrès à mesure que vous devenez plus productif et concentré.
  • Stayfocusd : bloque les sites Web distrayants dans les navigateurs tels que Safari, Firefox, Edge, Internet Explorer, etc. Il peut également bloquer les applications de bureau chronophages telles que la messagerie électronique, Steam et Slack. Cela fonctionne même sur les appareils Kindles, Chromebooks et Linux.

Pour aller plus loin dans votre démarche de digital detox découvrez notre formation Inbox zero, ou l’art de mieux gérer ses emails

Digital detox : communication synchrone et asynchrone

Le point clé est de faire la différence entre une communication synchrone et asynchrone.

Une communication synchrone est une communication en temps réel entre 2 ou plusieurs interlocuteurs. Les échanges sont directs et instantanés.
Par exemple les conversations en face à face, les réunions, les appels ou les visioconférences.

Le point faible de cette communication est qu’elle est potentiellement dérangeante pour l’une des deux parties. Dans la plupart des cas, il est plus pertinent de repasser dans une communication asynchrone.

Nous avons tendance à l’oublier, mais l’email n’est pas un type communication synchrone. Pour ne pas perdre de temps essayez de vous connecter sur votre boîte mail seulement 3 fois par jour, pour répondre par salves.

À la différence de la communication synchrone, la communication asynchrone est une communication qui se déroule en différé. Les contraintes spatiales ou temporelles sont inexistantes. Vous décidez quand échanger et où échanger.
On retrouve dans cette catégorie les emails, les SMS, Skype, Teams ou encore Slack.

Pour ne pas mélanger les deux types de communication, vous pouvez pratiquer la règle des 3 emails. Si après trois échanges vous n’êtes toujours pas fixé, appelez votre interlocuteur pour passer à de la communication directe qui vous fera perdre moins de temps et d’énergie.


Ce qu’il faut retenir :

  1. Soyez vigilants aux usages que vous faites de vos outils numériques pour ne pas tomber dans une addiction ;
  2. Ayez une vision de long terme pour améliorer votre quotidien (vous pouvez établir un plan qui vous guidera pas à pas) ;
  3. Gardez une régularité dans vos efforts pour que votre travail porte ses fruits ;
  4. N’oubliez pas, Rome ne fut pas bâtie en un jour, mais brique pas brique. De la même manière, une déconnexion numérique efficace ce fait au fur et à mesure.

Chez Goalmap, nous aidons les entreprises à prendre soin de la santé de leurs employés : questionnaires santé en ligne, catalogue d’ateliers bien-être et appli mobile de coaching. Parmi les ateliers disponibles sur notre catalogue, nous proposons des formations sur le droit à la déconnexion et l’équilibre de vie.

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