Quand on parle de prévention des RPS au travail, qu’est-ce que cela évoque chez vous ? Stress, burn-out, isolement, solitude, angoisse, harcèlement, etc ?

Anxiété, incertitude quant à l’avenir, sentiment d’isolement, perte de repères : avec la crise sanitaire, les risques psychosociaux sont sur le devant de la scène.

Selon l’INRS : Les risques psychosociaux (ou R.P.S.) correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non :

  • du stress : déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ;
  • des violences internes commises au sein de l’entreprise par des salariés : harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés entre des personnes ou entre des équipes ;
  • des violences externes commises sur des salariés par des personnes externes à l’entreprise (insultes, menaces, agressions…).
     

Ce sont des risques qui peuvent être induits par l’activité elle-même ou générés par l’organisation et les relations de travail.

Pour découvrir en détail les différentes pathologies crées par les RPS , nous vous invitons à découvrir l’article suivant :

Risques de burnout, stress et autres symptômes liés à la prévention des RPS.

Risques psychosociaux (RPS) au travail : une rapide introduction

 20 milliards d’euros par an, c’est le coût des RPS d’origine professionnelle

Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 1999

C’est le coût des risques de burnout, stress et autres symptômes liés à la prévention des RPS d’origine professionnelle au niveau européen. En France le stresse couterait entre 2 et 3 milliards d’euros aux entreprises.

Pour bien comprendre de quoi on parle, il est important de bien différencier les effets des symptômes. On distingue ainsi les RPS et les TPS (Troubles PsychoSociaux). Les RPS au travail sont les déterminants et les TPS (troubles du sommeil, anxiété, dépression, etc.) sont les symptômes.

Prenons un exemple simple : si vous avez mal à la tête et que vous traitez votre symptôme, c’est à dire votre migraine, uniquement grâce à des médicaments, vous réglerez à court terme votre problème mais les effets de votre mal de tête persisteront. En revanche, si vous traitez votre mal de tête à l’origine, vous vous débarrasserez de vos maux une fois pour toutes.

Dans cet article, nous allons voir comment identifier et détecter dès l’origine les signaux faibles de RPS afin d’être en mesure d’y apporter une solution rapide.

Les RPS au travail : chronologie

La notion de Qualité de Vie au Travail est apparue aux USA dans les années 50 et a traversé l’Atlantique pour arriver en France dans les années 2000. En 2013, les Accords de l’ANI ont reconnu les questions de QVT et de RPS en proposant de définir la QVT de la façon suivante : « ce sont les conditions dans lesquelles les salariés exercent sur leur travail et leur capacité à s’exprimer à agir sur le contenu de celui-ci et qui déterminent la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte. »

Pour aller plus loins sur le sujet de la QVT :
– Notre article sur les enjeux de la santé mentale au travail
– Notre article sur l’organisation d’une semaine de la QVT : méthode et conseils

RPS au travail, la responsabilité de l’employeur

Le concept de RPS est lié directement à la notion de travail. L’employeur assume les obligations générales de sécurité (article L. 4121-1 du code du travail). Il lui appartient d’évaluer les risques, y compris les risques psychosociaux, et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des salariés et protéger leur santé physique et mentale.

Cette obligation générale repose sur une approche globale de la prévention des risques professionnels. Il ne s’agit pas seulement de rechercher le respect d’obligations spécifiques, mais aussi d’obtenir les résultats attendus (assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés). Afin d’organiser la prévention des risques psychosociaux sur le lieu de travail, les employeurs devraient suivre les principes généraux de prévention.

Parmi ces principes (article L. 4121-2 du code du travail), il y a des besoins particuliers:

  • Répondre aux risques à la source et adapter le travail aux humains. Cela signifie une intervention précoce pour prévenir les risques psychosociaux: concevoir des postes de travail adaptés, sélectionner des méthodes de travail et de production, par exemple, pour limiter le travail monotone et normal, et apporter un soutien technique aux opérateurs. Utilisé pour effectuer des activités, ajuster la charge de travail, etc.
  • Les plans de prévention sont mis en œuvre en intégrant l’influence de la technologie, de l’organisation du travail, des conditions de travail, des relations sociales et des facteurs environnementaux (en particulier les risques liés au harcèlement moral et sexuel) dans un tout unifié.

Afin de mettre en œuvre ses stratégies de prévention des RPS, les employeurs sont particulièrement susceptibles de recourir aux services de santé au travail.

Prévention des RPS : quels sont les dangers ?

RPS au travail, identifier les différents effets.

Identification des différents risques psychosociaux au travail

D’après le rapport Gollac paru dans les années 2000, qui avait été commandé par l’Etat, nous avons pu identifier sous la forme de 6 familles les différents RPS au travail.

Ce rapport est un document réalisé par Michel GOLLAC, statisticien et sociologue ainsi que Marceline BODIER, statisticienne à l’INSEE.
Il fait suite à la demande du Ministre du travail, de l’emploi et de la santé de l’époque, Monsieur Xavier Bertrand afin de suivre les recommandations d’un précédent rapport, celui du rapport « Nasse-Légeron ».

Rapport Gollac et prévention des RPS
  • Les exigences du travail ;
  • Les exigences émotionnelles ;
  • Le manque d’autonomie et de marge de manœuvre ;
  • Le manque de soutien social et de reconnaissance au travail ;
  • Les conflits de valeur ;
  • L’insécurité de l’emploi et du travail.

Ces 6 familles de risques peuvent s’évaluer au sein de votre organisation en faisant des auto-analyses collectives à travers des questionnaires ou alors par des entretiens et des observations.

La prévention des RPS dans votre entreprise est une obligation légale, mais aussi un levier de performance et de santé pour vos collaborateurs.

Prévention des RPS : les effets sur votre entreprise

Les effets ou les symptômes des RPS au travail sont nombreux et peuvent agir à plusieurs niveaux. Car si les TPS s’expriment plus à l’échelle individuelle, leurs causes sont en grande partie collective :

1. À l’échelle individuelle, ils se présentent sous la forme de : stress, insomnie, fatigue chronique, troubles musculosquelettiques, maladies cardiovasculaires et gastro-intestinales chroniques.

2. À l’échelle collective, cela peut se manifester par : des tensions interpersonnelles, l’émergence de clans, de la violence verbale, du harcèlement.

3. À l’échelle de l’entreprise, les effets sont aussi importants à prendre en compte. Ils se manifestent par : de l’absentéisme, des désorganisations, des actes de malveillance, des grèves, des difficultés de recrutement…

RPS au travail : population et secteurs concernés

En règle générale, les T.P.S. touchent en majorité les métiers de services. La fatigue, l’angoisse, le stress et les autres déterminants mentionnés plus haut sont des notions difficilement quantifiables et mesurables contrairement à un accident de travail (lombalgie par exemple).

L’évolution des modes de travail (société immatérielle et digitale) crée des relations de travail moins bornées. Il faut apprendre à jongler avec une quantité de messages, plus importante qu’avant : e-mails, applications de discutions de travail comme Slack, Skype, Teams, etc. Les situations de travail se complexifient car on attend du salarié moderne qu’il ait accès à la technologie et qu’il la maîtrise.

On peut noter aussi que les métiers de services sont des métiers qui ont des doubles attentes : en interne (fonctionnement de l’entreprise, hiérarchie, etc.) et des attentes éminemment subjectives de la part des bénéficiaires externes, des clients, voire d’institutions qui imposent leur réglementation. Il devient donc compliqué de gérer toutes les dimensions et de les prendre en compte. Ce sont ainsi des métiers avec des rapports de face-à-face en temps réel qui peuvent entraîner des sentiments s’abandon face à un client.

Le secteur des soins présente aussi de nombreux cas de TPS. Les soignants sont en effet soumis à des injonctions contradictoires : le temps qu’ils doivent prendre pour soigner un patient qui est en divergence avec le délai qui leur est imparti.

On retrouve aussi tous les métiers moins visibles et peu valorisés de service (hommes et femmes ménages, agents de caisse …) ou encore les métiers d’agriculture qui doivent se confronter à un ensemble d’injonctions en termes de qualité réglementaire, ainsi qu’à une conjoncture économique qui n’est pas simple.

D’après le rapport de l’ANSM de 2015-2017, « la France se situe derrière l’Espagne au 2e rang de la consommation des benzodiazépines (anti dépresseurs) en Europe ». Ce classement nous prouve qu’il est essentiel de réagir non pas uniquement sur les T.P.S., mais sur les R.P.S.

La spécificité du contexte actuel – COVID-19 et Risques Psycho Sociaux

La spécificité du contexte actuel - COVID-19.

Le contexte actuel fait émerger des repères de travail moins stables. De nouvelles priorités vont apparaître, des dossiers vont être mis en attente faute de moyens pour les réaliser, il va donc falloir faire preuve d’agilité pour jongler entre ses intérêts personnels, et les intérêts collectifs. Le manque de visibilité sur l’évolution sanitaire peut complexifier les tâches des salariés et crée à l’échelle nationale une incertitude économique et une incertitude organisationnelle.

Pour pallier cette incertitude, il est indispensable de garder un collectif de travail stable : adaptez votre travail si c’est possible à un travail à distance, déplacez vos réunions qui peuvent se faire en distanciel sans que le contenu n’en soit impacté.

Attention cependant aux limites et inconvénients du travail à distance :

  • Un travail sur écran plus important qui entraîne une fatigue cognitive et visuelle ;
  • Le télétravail peut entraîner un sentiment d’isolement et d’éloignement des collègues et de l’encadrement ;
  • Le travail à distance peut entraîner un questionnement sur le sens de son travail ;
  • Une porosité entre sphères personnelle et professionnelle : télétravail et gestion de la vie de famille sont parfois difficiles à concilier.

Ressentir une perte de sens dans son travail ou avoir un sentiment d’isolement n’est pas une fatalité. Au contraire, c’est en reconnaissant les différents symptômes que vous allez pouvoir les appréhender et les gérer !

Avec la crise sanitaire et le confinement, la pratique du télétravail s’est généralisée, souvent de manière précipitée et désorganisée. L’objectif de notre article est de vous accompagner dans la mise en place du télétravail dans votre entreprise pour réussir le pari du télétravail.

Identifier et agir face aux R.P.S. au travail

Avec la crise sanitaire et le confinement, le risque d'apparition de RPS augmente. Voyons comment prévenir l'apparition de RPS au travail.

Identifier les symptômes

Les symptômes de R.P.S. sont nombreux, en voici une liste non exhaustive :

  • Stress chronique ;
  • Dépression ou anxiété ;
  • Fatigue chronique ;
  • Insomnie ;
  • Perte d’appétit durable ;
  • Difficulté de concentration dans le travail ;
  • Erreurs fréquentes ;
  • Désaccords de travail ;
  • Conflits interpersonnels.

Il ne faut pas attendre l’épuisement professionnel ou personnel ni la cristallisation du conflit pour agir ! Agir en préventif dès l’apparition de signaux, c’est avoir plus de latitude pour améliorer sereinement la situation.

Mieux comprendre les besoins du travail

Les différentes dimensions du travail sont :

  • L’organisation ;
  • La connaissance et les compétences (les nouveaux outils informatiques, la nouvelle réglementation en vigueur, etc.) ;
  • Les outils de travail disponibles et maîtrisés (par exemple les outils en télétravail) ;
  • L’engagement subjectif (l’engagement au travail et la reconnaissance) ;
  • La régulation collective et l’évaluation (ce qui est prévu de faire vs le résultat final) ;
  • Le relationnel (client, collègues, hiérarchie).

Comprendre et essayer d’améliorer les différentes dimensions du travail engendre des effets positifs sur la santé, sur son moral, sur son physique et sur la qualité et la performance de votre travail au sein de l’entreprise.

« Passer d’une compréhension des situations focalisée sur les individus à une approche de causes plus profondes dans l’organisation » ANACT 2014. Cette phrase nous rappelle qu’il faut examiner les effets de dégradations physiques et mentales individuelles à l’échelle de l’organisation entière, car celles-ci sont généralement liées à un dysfonctionnement dans l’organisation du travail.

Il faut alors pouvoir gérer les différentes dimensions qui vous entourent : votre place dans la hiérarchie, les attentes de vos collègues et de vos clients, vos attentes vis à vis de votre travail, et ce que cela implique pour bien faire votre travail.

Agir aux 3 niveaux de prévention

Maintenant que nous savons avec précision ce que sont les RPS au travail et d’où ils peuvent provenir, voyons comment agir pour prévenir les RPS.

Les trois niveaux de prévention suivants sont importants à avoir en tête :

  • Prévention primaire : C’est la prévention réelle qui élimine ou réduit les risques avant l’apparition de possible conséquence néfaste sur la santé. Elle permet d’analyser l’environnement de travail afin d’identifier les facteurs de risque et de mettre en place des solutions organisationnelles et processus de régulation du travail. En un mot, évitez les risques en les prévenant. Exemple : intégration de la prévention dès la conception d’un outil IHM.
  • Prévention secondaire (curatif) : C’est réduire la gravité d’un mal qu’on ne peut empêcher d’apparaître et/ou en limiter les conséquences. Cette étape permet de détecter et surveiller les expositions aux risques, et adapter les ressources des salariés pour qu’ils puissent faire face aux risques présents dans l’organisation. Le but étant de protéger les salariés en limitant et en corrigeant les risques.
    Exemple : Formation gestion du stress, sensibilisation à la communication non violente.
  • Prévention tertiaire (curatif) : C’est traiter les dommages et réparer les individus. Après le constat des dommages causés, vient le temps de la prise en charge des personnes en souffrance. Si cette situation devient récurrente dans votre métier, cela veut dire que vous êtes en mode « pompier », c’est-à-dire, toujours en train d’éteindre le feu plutôt que de prévenir l’incendie. Exemple : cellule d’écoute psychologique dans une entreprise

RPS : comment agir à l’échelle individuelle

Nous avons vu dans les paragraphes précédents que les R.P.S. trouvent généralement leur origine dans l’organisation de l’entreprise. Cependant, vous pouvez de façon individuelle agir sur les RPS. Pensez à adapter vos stratégies en fonction de vos lieux de travail :

À la maison et au bureau :

  • Garder quelques repères dans votre journée de travail. Comme par exemple les pauses déjeuner, une heure de fin de journée, etc. ;
  • Se réserver des temps calmes et isolés pour les tâches demandant de la concentration ;
  • Alterner le travail qui est sur écran et le travail sur d’autres supports, afin de limiter la fatigue visuelle que peut susciter le travail sur écran.

En télétravail :

  • Trouver un espace distinct du lieu de vie familial et ne laissez pas déborder votre temps de travail ;
  • Veiller à faire des pauses régulières et à garder une activité physique en dehors du temps de travail pour remplacer les temps de déplacement entre le bureau et votre maison ;
  • Parler à vos collègues et votre responsable si vous êtes en difficulté dans votre travail : en expliquant factuellement ce qui pose difficulté (si vous ne parvenez pas à parler à votre supérieur, vous pouvez demander conseil à votre responsable HSE, RH ou au médecin du travail).

RPS : comment agir à l’échelle collective

Les problèmes qui entraînent des RPS sont souvent moins relationnels que liés à des points de vue sur le travail (comment bien faire son travail, quelles tâches prioriser, etc.)

Quelques leviers pour agir de façon collective :

  • Communiquer sur le travail avec bienveillance : se comprendre avant de se juger ;
  • Prendre le temps de débriefer des décisions prises avec les clients ou les dossiers en cours. Il est important d’évaluer collectivement et qualitativement le travail ;
  • Créer des temps d’échanges informels et de régulation, en marge de réunions en visioconférence par exemple ;
  • Diversifier les modes de communication (mail, téléphone, visioconférence) ;
  • Cadrer les temps de régulation et coopération : trop de coopération tue la régulation ;
  • Se permettre des temps où votre « porte est fermée » en expliquant les enjeux de concentration et de performance dont vous avez besoin ;
  • Éviter le sur-entraînement : comme tout bon sportif, vous devez veiller à respecter vos horaires de travail.

Pour prévenir au mieux les risques psycho-sociaux il est important de remettre son organisation en question en se posant ces questions :

  • Que puis-je modifier dans mon organisation individuelle, et dans mon espace-temps télétravail ?
  • Que pouvons-nous imaginer collectivement pour prévoir des temps informels et formels de régulation et évaluation ? (comment s’organiser pour de nouveaux projets, comment on s’y est pris et pour quel résultat, etc.)

Ce qu’il faut retenir de cet article sur la prévention des RPS au travail :

  • Analyser les causes et pas seulement soigner les symptômes individuels et relationnels ;
  • Parler dès la survenue de signaux faibles (fatigue, perte d’efficacité …) ;
  • Faire émerger une prise en charge collective des questions de travail.

Cette démarche de prévention peut être grandement facilitée par la mise en œuvre d’une stratégie Qualité de Vie au Travail. La stratégie QVT est un réel investissement dans la sécurité, la santé et le bien-être des salariés car elle garantit ainsi un climat de travail positif, une meilleure performance de l’entreprise et une image de marque renforcée.

Notre formation sur la prévention des Risques Psycho-Sociaux (RPS) donne les clefs pour mieux comprendre, repérer et prévenir les Risques Psycho-Sociaux (RPS) en entreprise.

La formation prévention des RPS a un impact positif sur la santé des collaborateurs en permettant de :

  • Comprendre les mécanismes et les impacts du stress ;
  • Reconnaître et savoir gérer une situation sensible par des techniques adaptées ;
  • Diffuser de bonnes pratiques auprès de ses équipes pour favoriser un cadre de travail efficace et positif ;
  • Gagner en compétences (médiation, écoute active, etc.) et en responsabilités au sein de l’entreprise.
Offre santé entreprise

Si vous souhaitez être accompagné(e) dans votre démarche de santé en entreprise nous pouvons vous aider. Chez Goalmap, notre mission est d’aider les entreprises à prendre soin du bien-être et de la santé de leurs employés. Contactez-nous 😉

Ces articles devraient vous plaire :

  1. Image principale article comment prévenir le burn-out
  2. Article résultats d'enquête : confinement et santé des salariés
  3. Comment gérer votre stress au travail ?