En France, 9,3 millions de personnes déclarent aider un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie, soit environ un adulte sur six (DREES, 2023). Plus de la moitié d’entre eux occupent un emploi (Unaf, 2025). Autrement dit, vos équipes comptent des salariés aidants, que vous le sachiez ou non. La Journée nationale des aidants, chaque 6 octobre, est une occasion précise de le reconnaître et d’agir.
Cet article rassemble six idées d’actions pour marquer cette journée et enclencher une démarche qui tienne dans la durée.
Sommaire de l'article
Qu’est-ce que la journée des aidants
La Journée nationale des aidants a lieu chaque année le 6 octobre. Créée en 2010 à la demande des associations de proches aidants, elle vise à rendre visibles ces millions de personnes qui accompagnent un proche malade, en situation de handicap ou en perte d’autonomie, et à faire connaître leurs droits comme les solutions de répit existantes.
Portée notamment par le Collectif Je t’aide, elle donne lieu partout en France à des conférences, des ateliers et des actions de sensibilisation, y compris en entreprise. C’est ce dernier terrain qui nous intéresse ici.
Pourquoi s’emparer de la journée des aidants en entreprise ?
- L’enjeu est d’abord humain, et il est mesurable : les proches aidants déclarent un état de santé moins bon que celui de la population générale (DREES, 2023), et une tension d’aidance élevée est associée à un sur-risque de mortalité (Schulz & Beach, 1999). Derrière le sujet se cache une réalité de charge mentale, de fatigue et d’isolement qui pèse sur la santé.
- L’enjeu est aussi organisationnel : l’aidance concerne des salariés expérimentés, souvent en milieu de carrière, et se traduit par de l’absentéisme, une disponibilité réduite et un risque de désinsertion professionnelle quand rien n’est prévu. Agir, ce n’est pas faire œuvre de charité : c’est préserver des compétences, de l’engagement et de la continuité d’activité.
- L’enjeu est enfin réglementaire : le statut de proche aidant est défini par le Code de l’action sociale et des familles, et plusieurs dispositifs encadrent le droit de s’absenter ou d’aménager son activité (Service-Public.fr). La directive européenne 2019/1158 reconnaît par ailleurs le droit des salariés aidants à demander une formule souple de travail. Le cadre existe ; encore faut-il le faire connaître.
Près de 58 % des proches aidants en France exercent en même temps une activité professionnelle, sont en recherche d’emploi ou suivent des études (Drees, 2025)
6 idées d’actions pour la journée des aidants
1. Sensibiliser toute l’entreprise et relayer la journée
La première barrière n’est pas le manque de dispositifs, c’est le silence. Moins d’un tiers des salariés aidants informent leur employeur de leur situation (Unaf, 2025), et beaucoup ne se reconnaissent même pas comme aidants. Sensibiliser, c’est permettre à chacun de mettre un mot sur sa situation et de savoir que l’entreprise est un interlocuteur possible.
Concrètement, relayez la campagne nationale du Collectif Je t’aide et diffusez une communication interne le 6 octobre :
- sur l’intranet,
- par affichage,
- par un message de la direction.
Donnez une définition simple du proche aidant et indiquez les points de contact internes. L’écueil à éviter est la communication descendante et anonyme, sans interlocuteur nommé ni suite concrète : elle reste lettre morte et n’ouvre aucune porte.
À retenir. La journée sert d’abord à libérer la parole. Nommez le sujet, définissez l’aidance, indiquez à qui s’adresser dans l’entreprise.
2. Organiser une conférence ou un atelier de sensibilisation
Une communication écrite pose le sujet ; un temps d’échange le fait vivre. Réunir les salariés autour d’un intervenant permet de déconstruire les idées reçues, de clarifier qui est concerné et de rendre la parole légitime. Un format court, d’une heure à une heure trente, convient à une première approche : définition du rôle d’aidant, panorama des droits, ressources internes et externes.
La journée du 6 octobre offre un point d’ancrage naturel pour programmer cette intervention, en présentiel ou à distance selon vos sites. Reste à tenir le bon registre, ni victimaire ni culpabilisant. L’objectif n’est pas d’apitoyer ni de désigner des responsables, mais d’outiller. Un ton factuel et respectueux installe la confiance mieux que le pathos.
À retenir. Un atelier de sensibilisation transforme un sujet abstrait en repères concrets. Privilégiez un format court, factuel et ouvert à toutes les situations.
3. Former les managers au repérage et au dialogue
Le manager de proximité est en première ligne. C’est souvent lui qui perçoit les premiers signaux, absences répétées, fatigue, disponibilité réduite, et lui vers qui le salarié se tourne. Encore faut-il qu’il sache ouvrir le dialogue sans forcer la confidence ni improviser. Une formation dédiée aux managers et aux équipes RH leur apporte les bons réflexes : engager la conversation à partir de faits observables, respecter la confidentialité, orienter vers les bons interlocuteurs.
Le sujet reste perçu comme tabou par une majorité de DRH et de managers ; la formation lève cette gêne. L’écueil serait de croire qu’un manager peut interroger directement un salarié sur sa vie privée. Il peut ouvrir une conversation à partir de signaux professionnels, jamais contraindre une divulgation ni consigner la situation sans accord. Une maladresse peut fermer durablement la porte.
4. Informer sur les droits et les dispositifs mobilisables
Beaucoup de salariés aidants renoncent à des droits qu’ils ne connaissent pas, ou qu’ils croient inaccessibles. L’information claire est un levier à coût quasi nul et à fort impact.
Constituez un kit à jour réunissant les principaux dispositifs : congé de proche aidant, congé de solidarité familiale, congé de présence parentale, don de jours de repos entre collègues, allocation journalière du proche aidant (Service-Public.fr). Diffusez-le à l’occasion de la journée et rendez-le accessible en permanence.
L’écueil, ici, tient aux idées reçues coûteuses. Non, démissionner pour aider un proche n’ouvre pas automatiquement de droits au chômage. Une information erronée peut conduire à des décisions lourdes de conséquences, d’où l’importance d’une source fiable et datée.
5. Aménager concrètement l’organisation du travail
Le premier besoin exprimé par les salariés aidants est le temps et la flexibilité. C’est aussi le levier le plus directement actionnable par l’employeur, sans attendre un accord de branche.
Horaires ajustés, réunions compatibles avec les rendez-vous médicaux, télétravail quand le poste le permet, priorisation de la charge : un aménagement efficace repose sur une demande concrète, une durée définie et un point de suivi. Une part des salariés aidants ayant obtenu un aménagement d’horaires déclarent que cela a réellement allégé leur quotidien (OCIRP, 2023).
L’écueil est de traiter chaque cas dans l’improvisation, au fil des urgences. Sans cadre, les ajustements deviennent des arrangements invisibles, sources de tensions et d’iniquité dans l’équipe. Un aménagement formalisé protège l’aidant comme le collectif.
6. Installer un soutien qui dure au-delà du 6 octobre
Une journée ne règle rien à elle seule ; sa valeur tient à ce qu’elle amorce. Le risque, sinon, est celui de la parenthèse annuelle : un beau temps fort en octobre, puis le silence jusqu’à l’année suivante.
Capitalisez sur l’élan du 6 octobre pour installer des dispositifs pérennes : un référent aidants identifié, une ligne d’écoute ou un soutien psychologique, des groupes de parole entre pairs, un accord ou une charte intégrant l’aidance à votre politique de diversité et d’inclusion.
L’écueil est de cantonner l’aidance à un événement de communication. Une action ponctuelle sans suite déçoit plus qu’elle n’engage. Mieux vaut une mesure durable et modeste qu’un temps fort spectaculaire sans lendemain.
Comment organiser votre journée des aidants avec Goalmap
Goalmap accompagne les entreprises qui veulent faire du 6 octobre un temps fort utile, puis l’inscrire dans la durée. Selon vos priorités et vos contraintes, plusieurs formats sont mobilisables : une sensibilisation pour les salariés concernés, une formation à la posture managériale pour les managers et les équipes RH, et deux e-learning pour toucher chacun à son rythme, en présentiel ou à distance.
Questions fréquentes sur la journée des aidants en entreprise
La Journée nationale des aidants se tient chaque année le 6 octobre. En 2026, elle tombe un mardi, un jour ouvré propice à une action en entreprise : sensibilisation, atelier ou communication interne.
C’est un salarié qui vient en aide, de manière régulière et à titre non professionnel, à un proche en situation de handicap, de maladie ou de perte d’autonomie. Aucun seuil d’heures n’est requis, et le proche aidé n’est pas nécessairement un membre de la famille : un lien étroit et stable suffit.
En parlant du sujet à tous, pas en désignant des personnes. Une communication générale, une définition claire et des points de contact permettent à chacun de se reconnaître librement. La confidentialité est un droit du salarié : l’entreprise ouvre des portes, elle n’impose aucune confidence.
Les dispositifs mobilisables incluent le congé de proche aidant, le congé de solidarité familiale, le congé de présence parentale, le don de jours de repos entre collègues et l’allocation journalière du proche aidant. Les conditions varient selon la situation du proche aidé ; le site Service-Public.fr en détaille les modalités à jour.
Oui, et à faible coût. Relayer la campagne nationale, diffuser un kit d’information et former les managers de proximité au dialogue sont des actions accessibles à toute structure, quelle que soit sa taille. L’essentiel est de nommer le sujet et d’indiquer un interlocuteur.
Conclusion
Reconnaître les salariés aidants, ce n’est pas ajouter une case à un calendrier RSE. C’est admettre que la vie d’un salarié ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise, et que la manière dont l’organisation en tient compte engage à la fois sa responsabilité et sa performance. Le 6 octobre offre un point d’appui ; ce qu’on en fait le reste de l’année dit le sérieux de la démarche.
Envie d’organiser votre journée des aidants ? Contactez-nous.



