Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez la femme dans le monde (Bray et al., 2018). En France, 900 000 personnes vivent avec ce diagnostic et 61 000 nouveaux cas sont recensés chaque année (Ligue contre le cancer, 2024). Détecté tôt, il se soigne dans l’immense majorité des cas : 88% de survie à cinq ans à un stade précoce (Ligue contre le cancer, 2024). Le lieu de travail, où chacun passe la majeure partie de son temps éveillé, est un espace clé pour faire passer ce message. Voici six actions concrètes pour organiser Octobre Rose dans votre entreprise.

Le cancer du sein peut aussi toucher les hommes, même si cela est plus rare. Moins de 1 % de tous les cancers du sein affectent les hommes.

Institut National du Cancer
diagnostic cancer du sein

Le cancer du sein en quelques chiffres

Le cancer du sein touche principalement les femmes de plus de cinquante ans : 80% des cas se développent après cet âge, pour un âge moyen au diagnostic de 64 ans (Ligue contre le cancer, 2024).

Il existe aussi chez l’homme, de façon plus rare. Le programme national de dépistage organisé invite toutes les femmes de 50 à 74 ans à réaliser une mammographie prise en charge intégralement par l’Assurance Maladie, tous les deux ans.

Pourtant, seule 44% de la population cible y a participé en 2024 — un taux orienté à la baisse depuis plusieurs années, très loin de la recommandation européenne de 70% (Santé publique France, 2025)

Ce programme permet néanmoins de dépister en moyenne 15 000 cancers du sein chaque année (Santé publique France, 2024). Selon l’Organisation mondiale de la santé, entre 30% et 50% des cancers pourraient être évités en agissant sur les facteurs de risque et en favorisant une détection précoce.

À retenir : Le dépistage précoce est le levier le plus déterminant : plus il intervient tôt, plus les chances de guérison augmentent. C’est le message central que toute action Octobre Rose doit porter.

Pourquoi agir pour Octobre Rose en entreprise

Une obligation légale de base

L’employeur est tenu de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés (Code du travail, art. L4121-1). La prévention des cancers, en particulier dans un contexte où le dépistage organisé reste sous-utilisé en France, s’inscrit pleinement dans cette responsabilité.

Des bénéfices individuels concrets

Un cancer du sein détecté à un stade précoce se soigne dans l’immense majorité des cas : 88% de survie à cinq ans (Ligue contre le cancer, 2024). En facilitant l’accès à l’information et au dépistage sur le lieu de travail, l’entreprise donne à ses salariées les moyens concrets d’agir sur leur propre santé, en particulier lorsqu’elle est située dans une zone où l’accès aux soins est plus difficile.

Des bénéfices collectifs, avec une nuance de rigueur

S’engager pour Octobre Rose renforce la culture de prévention et l’image de l’entreprise auprès de ses équipes et de ses candidats.

Les programmes de prévention en santé en entreprise montrent des effets positifs sur l’engagement des équipes (Goetzel et al., 2014), mais leur ampleur reste hétérogène selon les études : un essai randomisé de grande ampleur n’a par exemple observé aucun effet significatif sur les dépenses de santé ou l’absentéisme à dix-huit mois (Song & Baicker, 2019).

C’est l’impact sur la santé des salariés qui donne tout son sens à l’engagement pour Octobre Rose.

L’obligation légale fixe un plancher ; les bénéfices individuels et collectifs donnent le sens de la démarche. Aucun des trois ne suffit seul à justifier une action Octobre Rose bien menée : c’est leur combinaison qui la rend légitime.

Que faire pour Octobre Rose en entreprise ? 6 idées d’actions concrètes

Sensibiliser au dépistage précoce

Le dépistage précoce conditionne le pronostic : c’est le message le plus important à faire passer. Pourtant, le sujet reste tabou. Peu de salariés en parlent entre eux, et l’information sur les facteurs de risque et les techniques de dépistage circule mal.

Le format s’adapte au terrain. Sur un site industriel à majorité masculine, ouvrez la conférence à tous les salariés, pas seulement aux femmes : les hommes peuvent aussi relayer l’information à leur entourage. Sur un site tertiaire à majorité féminine, un format plus interactif, avec des questions-réponses, facilite davantage les échanges entre collègues.

À éviter : Cantonner l’action à la seule pause déjeuner exclut les salariés en horaires décalés ou postés, souvent les moins sensibilisés au sujet.

Une sensibilisation efficace s’adresse à tout le monde, pas seulement aux personnes directement concernées par le risque.

Détecté à un stade précoce, un cancer du sein se soigne dans 99% des cas à cinq ans, contre seulement 26% pour un diagnostic à un stade tardif.

Ameli

Faciliter le dépistage sur le lieu de travail

Avec un taux de participation au dépistage organisé de seulement 44% en 2024 (Santé publique France, 2025), le principal frein n’est souvent pas l’information mais l’accès pratique : trouver un rendez-vous, se libérer du temps, se déplacer.

Sur un site isolé ou en zone de désert médical, faire venir un professionnel de santé directement dans l’entreprise lève un obstacle réel. En zone urbaine bien desservie, relayer l’information sur les centres de dépistage peut suffire à débloquer une démarche reportée depuis des mois.

Concrètement, vous pouvez :

Il faut cependant faire attention à ne pas rendre la démarche trop visible, par exemple avec une liste d’inscription accessible à tous : sur un sujet aussi intime, cela peut dissuader la participation.

dépistage cancer du sein

Soutenir la recherche par le don

Au-delà de la sensibilisation interne, le mécénat donne une substance concrète à l’engagement de l’entreprise et finance directement la recherche ou l’accompagnement des patientes.

Une entreprise de services peut organiser une collecte de dons en ligne en quelques clics. Une entreprise industrielle multi-sites, elle, peut mobiliser ses équipes autour d’une collecte physique : foulards, bonnets, ou dons de cheveux pour la confection de perruques destinées aux patientes en chimiothérapie.

Plusieurs associations reconnues agissent sur le terrain, comme Ruban Rose pour la recherche ou Institut Curie, RoseUp et Étincelle pour l’accompagnement des patientes. Adosser le don à une action engageante pour vos équipes, plutôt qu’à un simple virement, donne davantage de sens à la démarche. Communiquer ensuite sur l’utilisation concrète des fonds aide aussi les salariés à voir à quoi leur engagement a réellement servi.

Attention à ne pas multiplier les associations soutenues sans cohérence ni suivi : cela peut diluer l’impact et la lisibilité de l’engagement.

Participer à une course ou un défi solidaire

Le sport solidaire combine trois leviers en une seule action :

  • la cohésion d’équipe ;
  • l’activité physique, elle-même un facteur de prévention contre plusieurs cancers ;
  • la collecte de fonds pour la recherche.

Pour des équipes de bureau, sédentaires par nature de leur poste, une course comme Odysséa contrebalance directement cette sédentarité tout en fédérant. Pour des équipes terrain ou en horaires postés, un défi de marche connectée sur plusieurs semaines, cumulant les kilomètres de chacun, reste accessible à tous les rythmes de vie.

Inscrire une équipe à une course solidaire dédiée au cancer du sein, ou lancer un défi collectif de pas ou d’activité sur tout le mois d’octobre, avec un objectif partagé à atteindre, fédère sans effort particulier. Il faut simplement veiller à ce que la participation reste volontaire plutôt que compétitive : rendre l’exercice obligatoire ou centré sur la performance exclurait les salariés en situation de handicap ou peu à l’aise avec le sport, alors que l’esprit doit rester inclusif.

Accompagner le retour à l’emploi après un cancer

Après une période de traitement, le retour au poste soulève souvent des inquiétudes concrètes : changements dans l’équipe, séquelles pouvant affecter les capacités professionnelles, ou crainte d’une discrimination à la reprise. Octobre Rose est l’occasion de rendre visibles les dispositifs existants avant qu’ils ne deviennent nécessaires pour l’un de vos salariés.

Entre la suspicion initiale et la mise en route du traitement, le parcours diagnostique peut s’étendre sur plusieurs semaines — une période d’incertitude que les managers gagnent à comprendre pour ajuster leur soutien. Dans un métier physique, le retour peut nécessiter un aménagement de poste ou d’horaires ; dans un métier de bureau, l’enjeu porte davantage sur le rythme et la charge de travail à la reprise.

Trois leviers sont particulièrement concrets :

  • former les managers et RH à l’entretien de retour ;
  • formaliser systématiquement une visite de préreprise avec le médecin du travail ;
  • informer en amont sur les dispositifs existants, comme le temps partiel thérapeutique.

Pour aller plus loin, rejoindre le réseau Cancer@Work, qui fédère aujourd’hui 160 entreprises engagées sur ce sujet, permet de bénéficier d’un accompagnement structuré. Notre article Comment accompagner un salarié atteint d’un cancer en entreprise ? détaille cette démarche pas à pas. Et notre guide complet du retour au travail après un arrêt couvre le sujet pour tous types d’absences longues. Le sujet ne se referme pas à la reprise : un suivi dans les semaines qui suivent reste nécessaire.

cancer du sein

Lancer un temps fort participatif

Un dress code rose, un quiz interactif ou des visuels aux couleurs d’Octobre Rose sur les réseaux sociaux créent une dynamique collective à moindre coût et donnent de la visibilité à l’engagement de l’entreprise.

Sur plusieurs sites, un quiz inter-équipes ou un concours photo crée du lien entre des collaborateurs qui ne se croisent pas au quotidien. En externe, personnaliser les supports de communication aux couleurs d’Octobre Rose renforce la lisibilité de l’engagement auprès des clients et candidats.

Instaurer un dress code rose sur une journée, organiser un quiz avec de petites récompenses, ou customiser ses supports internes et ses réseaux sociaux : ce type d’action prend tout son sens associé à une démarche de fond, comme une conférence ou un dépistage sur site. C’est cette combinaison qui distingue un engagement réel d’un simple clin d’œil visuel.

Exemples d’entreprises qui se sont engagées pour Octobre Rose

Getlink

Tout au long des mois d’octobre et de novembre 2022, Getlink, en tant qu’employeur responsable et engagé, s’est mobilisé en organisant plusieurs événements pour soutenir les campagnes Octobre Rose et Novembre bleu : intervention d’associations, webinaires de sensibilisation, marches solidaires, jeu concours, etc.

Ainsi, pour le mois d’octobre, Getlink a souhaité organiser une sensibilisation au cancer du sein, en collaboration avec Goalmap. L’intervenante Goalmap était une chirurgienne spécialisée dans la prise en charge du cancer du sein mais également dans tous les aspects de la chirurgie du sein (reconstruction, chirurgie prophylactique et lésion bénigne). 

Caisse d’Epargne

Pour la 8ème année consécutive, la Caisse d’Epargne s’est engagée dans la lutte contre le cancer du sein en s’associant à Chantal Thomas, marraine de coeur de l’association Ruban Rose. La créatrice et directeur artistique a dessiné une collection de cartes bancaires, mêlant sa silhouette iconique et un ruban rose. Pour chaque souscription, la Caisse d’Epargne s’est engagée à verser 2€ à l’association Ruban Rose.

L’entreprise a également encouragé ses collaborateurs à participer au challenge de marche connectée TOUS #GENEROSE au profit de l’association Ruban Rose. A l’issue, la Caisse d’Epargne s’est engagée à verser un don à l’association Ruban Rose.

Truffaut

Dans le cadre d’Octobre Rose 2021, les équipes du siège Truffaut se sont mobilisées : 

  • Une trentaine de coussins destinés à soulager les douleurs post cancer ont été réalisés par leurs collaboratrices ;
  • Un marché rose leur a permis de collecter 1000€ au profit d’associations ;
  • Une conférence de sensibilisation a été animée par une sage-femme.

En 2022, Truffaut a soutenu la recherche contre le cancer du sein grâce à une campagne menée pour sensibiliser le public : avec l’achat d’un cyclamen pendant le mois d’octobre, une partie était reversée à l’association Ruban Rose.

L’école EIDM

Depuis 2018, l’Ecole Internationale de Mode & Luxe a intégré la sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein dans sa philosophie. Pour Octobre 2022, l’école n’a pas dérogé à la règle : 

  • Les étudiants, intervenants et toute l’équipe de l’école se sont habillés en rose pour la symbolique ;
  • Une sensibilisation a été mise en place sur l’importance du dépistage précoce ;
  • Des fonds ont été collectés et reversés à la Ligue contre le Cancer grâce à une vente caritative au sein de l’école.

De nombreuses autres actions peuvent être organisées pour la campagne Octobre Rose. A vous d’être créatif pour engager vos collaborateurs et sensibiliser un maximum de monde. Si besoin, Goalmap peut vous aider à mettre en place certaines actions, n’hésitez pas à nous contacter.

A noter : après Octobre Rose, suit la campagne Novembre Bleu, pour parler du cancer de la prostate. Et si vous prolongiez vos actions d’un mois pour sensibiliser également à cette maladie (en les adaptant) ? Après tout, vous serez déjà sur une bonne lancée !

Qu’est-ce qu’Octobre Rose ?

Octobre Rose est une campagne annuelle de sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein, menée chaque année du premier au trente-et-un octobre. Elle est née aux États-Unis en 1985 et est arrivée en France en 1994. Le ruban rose en est devenu le symbole international.

Pourquoi organiser des actions Octobre Rose dans son entreprise ?

L’entreprise est un lieu social où chacun passe la majeure partie de son temps éveillé, ce qui en fait un espace efficace pour libérer la parole sur un sujet encore tabou. S’y ajoute une obligation légale de base : l’employeur doit veiller à la santé de ses salariés (Code du travail, art. L4121-1). Le dépistage précoce sauve des vies, avec 88% de survie à cinq ans lorsqu’il intervient tôt (Ligue contre le cancer, 2024).

Le cancer du sein concerne-t-il aussi les hommes ?

Oui, même si les cas restent rares : moins de 1% des cancers du sein touchent les hommes (Institut national du cancer). Il est donc pertinent d’ouvrir les actions de sensibilisation à l’ensemble des salariés plutôt que de les réserver aux femmes : cela évite d’isoler le sujet et transforme chaque collaborateur en relais potentiel auprès de son entourage.

Quelles actions concrètes peut-on mettre en place sans budget ?

Plusieurs actions ne nécessitent qu’un temps d’organisation : un dress code rose sur une journée, la personnalisation des supports internes et réseaux sociaux aux couleurs de la campagne, ou la diffusion d’une information claire sur les centres de dépistage et leur prise en charge par l’Assurance Maladie. Ces gestes gagnent à s’accompagner d’une action de fond, sous peine de rester de simples symboles.

L’entreprise peut-elle proposer un dépistage directement sur site ?

Oui, c’est possible via des entretiens individuels avec un professionnel de santé, sur inscription volontaire et confidentielle. Cette option est particulièrement utile pour les sites isolés ou situés en zone de désert médical, où l’accès aux soins est plus difficile. La confidentialité des inscriptions doit rester une priorité pour ne pas dissuader la participation.

Que dit la loi sur l’obligation de l’employeur en matière de prévention santé ?

L’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. La prévention des cancers s’inscrit dans cette obligation générale, même si aucun texte n’impose spécifiquement des actions Octobre Rose.

Comment accompagner le retour d’une salariée après un cancer du sein ?

Le retour à l’emploi nécessite une visite de préreprise avec le médecin du travail, un entretien de retour structuré mené par un manager formé, et une information en amont sur les dispositifs existants comme le temps partiel thérapeutique. Notre article dédié détaille cette démarche complète, étape par étape.

Conclusion :

Octobre Rose donne à une entreprise l’occasion de faire reculer un chiffre précis : celui du dépistage tardif, le principal facteur de mauvais pronostic. Chaque conférence organisée, chaque entretien de dépistage proposé, chaque salarié qui repart avec l’information dont il avait besoin rapproche un peu de cet objectif.