Les chutes de plain-pied sont fréquentes : il s’agit de la deuxième cause d’accidents du travail en France, avec au moins 4 jours d’arrêt (Assurance maladie, 2018). Elles peuvent avoir des conséquences aussi graves que les autres accidents. Heureusement, grâce à des gestes simples, on peut prévenir les risques de chutes de plain-pied : autant côté employeur et managers, que côté salariés. A découvrir dans la suite de l’article.

Chutes de plain-pied : définition

Selon l’INRS, les chutes de plain-pied sont des glissades, trébuchements, faux-pas et autres pertes d’équilibre sur une surface plane*. Ces chutes surviennent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des locaux.

*Une surface plane signifie ne présentant aucune rupture de niveau, ou rupture de niveau réduite (trottoir, petites marches, etc.). On parle autrement de chutes de hauteur.

Le cadre réglementaire des chutes de plain-pied

L’employeur doit prendre des mesures de prévention. Les risques liés aux chutes de plain-pied doivent être analysés et pris en compte dans le cadre de l’évaluation des risques professionnels. Ils doivent être consignés dans le DUERP (Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels) (Article L230-2 du Code du Travail).

Le Code du Travail stipule : 

  • Les planchers des locaux sont exempts de bosses, de trous ou de plans inclinés dangereux. Ils sont fixes, stables et non glissants (Art. R4214-3) ;
  • Les lieux de travail intérieurs et extérieurs sont aménagés de telle façon que la circulation des piétons et des véhicules puisse se faire de manière sûre (Art. R4224-3) ;
  • Les locaux de travail et leurs annexes sont régulièrement entretenus et nettoyés. Ils sont exempts de tout encombrement (Art. R4224-18) ;
  • Les postes de travail extérieurs sont aménagés de telle sorte que les travailleurs ne puissent glisser ou chuter (Art. R4225-1).

Chutes de plain-pied : les causes et les conséquences

Quelles sont les causes principales des chutes de plain-pied ?

De manière générale, les chutes de plain-pied sont liées à la combinaison de plusieurs facteurs :

  • Environnementaux : encombrement, obstacles, nettoyage, éclairage insuffisant ;
  • Organisationnels : travail dans l’urgence, travail en horaires atypiques, plannings serrés ;
  • Matériels : état des sols, adhérence des chaussures, systèmes d’accès aux véhicules et aux machines absents ou mal conçus, produits recouvrant le sol ou la semelle de la chaussures ;
  • Individuels : sensibilisation, respect des consignes, fatigue, vigilance.

A noter que les caractéristiques initiales d’adhérence peuvent évoluer :

  • Avec le temps : usure des revêtements de sols ;
  • Avec le temps et l’utilisations : usure de la semelle de la chaussure ;
  • Certains produits chimiques peuvent altérer les caractéristiques des semelles et/ou des revêtements de sol.

Quelles sont les conséquences des chutes de plain-pied ?

Les conséquences des chutes de plain-pied peuvent être potentiellement très graves pour l’individu concerné :

  • Hémorragies ;
  • Plaies ;
  • Entorses ;
  • Fracture ;
  • Foulure ;
  • Contusions.

Pour l’employeur et l’entreprise, cela peut entraîner :

  • Une hausse de l’absentéisme liée aux arrêts de travail ;
  • Une mauvaise image de marque ;
  • L’arrêt des chantiers ;
  • Des retards de planification ;
  • Des incidences financières ;
  • Une perte de production ;
  • Des poursuites en fautes inexcusables.

Les chutes de plain-pied : quels secteurs sont concernés ?

Secteur secondaire : chutes et glissades

Les salariés ayant des métiers physiques (plutôt que sédentaires) sont naturellement plus exposés aux risques sur le lieu de travail : zones de chantier, sols glissants, voies de circulation encombrées, manutentions manuelles, etc.

Secteur tertiaire : chutes de plain-pied au bureau

Pour les métiers sédentaires, naturellement moins exposés aux risques, les chutes de plain-pied représentent souvent une part plus élevée des accidents de travail. Ces chutes dans le secteur tertiaire peuvent être liées :

  • Au port de cartons ;
  • Aux déplacements domicile-travail ;
  • Au téléphone lors des déplacements ;
  • A des objets qui encombrent le passage dans les bureaux.

Comment éviter ou réduire les chutes de plain-pied ?

Côté manager et employeur

  • Sécurisez les déplacements à l’extérieur :
    • Entretenir et repérer les zones de circulation dégradées par le nettoyage programmé, la prise en compte des aléas climatiques de type neige et verglas, le recueil et traitement des signalements, la réfection des surfaces endommagées ;
    • Optimiser la communication entre collègues.
  • Faites porter les équipements adaptés
    • Les EPI (équipements de protection individuelle) adaptés à la nature du sol, aux risques de l’activité et aux conditions météorologiques ;
    • Privilégier des chaussures montantes (maintien de la cheville, protection du talon d’Achille) avec une semelle adhérente et une classe de résistance au glissement appropriée (SRA, SRB, SRC*) ;
    • Les chaussures de sécurité.
équipements de protection individuelle

*SRA : s’il y a risque de présence d’eau sur le sol. / SRB : s’il y a risques de présence de produits gras. / SRC : s’il y a risques de présence sur le sol d’eau et/ou de produits gras.

  • Veillez à organiser l’environnement de travail :
    • Sur site, engager un programme axé sur l’ordre et la propreté et revisitez-le régulièrement ;
    • Établir une trame de tournée sur le terrain en incluant des points de contrôle
  • Adaptez les locaux de l’entreprise :
    • Si cela est possible, aménager des espaces de repos pour permettre des micro-siestes en cas de baisse de vigilance ;
    • Gérer l’intensité lumineuse en fonction de l’activité : veillez à ce que les salariés aient un éclairage suffisant pour bien travailler et éviter les accidents ;
    • Organiser la circulation du personnel, ajouter des rampes et des mains courantes dans les zones à risques ;
    • Choisir un revêtement de sol dont le seuil de glissance est adapté à l’activité ;
    • Appliquer le protocole de nettoyage aussi souvent que nécessaire : soigner les zones de circulation fréquentes et les zones de travail. En cas de pollution accidentelle, traiter l’incident le plus rapidement possible et baliser la zone d’intervention ;
    • En cas d’intempéries, éliminer la neige et le verglas dans les zones de circulation concernées.
  • Informez et sensibilisez vos salariés aux risques :

Côté salariés

Les règles d’ordre matériel :

  • Gardez le matériel facilement accessible ;
  • Soyez vigilant au sol et aux changements de conditions : la principale cause de chutes, ce sont les sols glissants, par exemple lorsqu’ils viennent d’être nettoyés ;
  • Si les obstacles ne peuvent pas être supprimés : rendez-les visibles.

Les entreprises connaissent souvent un pic d’accidents le vendredi après-midi avant le départ en week-end (relâchement et précipitation).

Les règles d’ordre individuel :

  • Respectez les consignes, les règles de circulation, le marquage et la signalétique ;
  • Tenez compte de votre niveau de vigilance : prenez des pauses ou accordez-vous une sieste lorsque vous sentez des signes d’endormissement ;
  • Privilégiez les gestes ergonomiques, les postures stables et confortables ;
  • Soyez vigilant lors de la montée et descente de votre véhicule ;
  • Veillez à bien porter vos EPI.
sécurité glissades

Les règles d’ordre organisationnel :

  • Ne vous précipitez pas : lorsque l’on est pressé, on se déplace plus vite, on saute certaines étapes pour finir plus rapidement et on est moins concentré.

Les règles d’ordre environnemental :

  • Maintenez les zones de passage dégagées ;
  • Assurez-vous d’une luminosité suffisante ;
  • Veillez à garder un espace de travail dégagé : on évite les cartons qui traînent dans les couloirs, les cordons d’alimentation dans le passage, etc. ;
  • Évacuez les déchets au fur et à mesure ;
  • Soyez attentifs au bruit environnant : ne pas écouter de musique, faire attention lors du port de protections auditives à ne pas être surprotégé du bruit.

Tous les secteurs sont concernés par les chutes de plain-pied, certains plus particulièrement comme le secteur secondaire (métiers physiques). Suivre les gestes de base, côté employeur et manager comme côté salarié, aidera à prévenir les risques d’accidents à terme.