En France, près de 4 salariés sur 10 ont un travail de nuit, posté ou en horaires décalés, et 3,6 millions de Français travaillent régulièrement entre 22h et 5h du matin*.

Les horaires décalés ont des conséquences sur les rythmes biologiques, sociaux et familiaux, ce qui expose les travailleurs à de nombreux risques pour leur santé physique comme mentale : maladies cardio-vasculaires, troubles du sommeil, troubles de l’humeur, etc.

Cet impact sur la santé du travail de nuit peut être limité grâce à des mesures à mettre en œuvre dans l’entreprise.

Au programme de cet article : un point sur le travail en horaires décalés et le témoignage de Veepee, avec qui nous avons collaboré pour mettre en place des ateliers autour du sommeil et de la vigilance pour ses travailleurs en horaires atypiques.

*Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère du travail, 2017.

Point sur le travail en horaires décalés en France

Le cadre légal du travail en horaires décalés

Les horaires dit atypiques comprennent tous les aménagements et temps de travail qui ne sont pas « standard ». Le travail standard correspond à cinq jours réguliers par semaine, du lundi au vendredi, entre 7 h et 23 h, avec deux jours de repos hebdomadaires.

Selon la loi, « tout travail effectué au cours d’une période d’au moins neuf heures consécutives comprenant l’intervalle entre minuit et 5 heures est considéré comme travail de nuit. Il commence au plus tôt à 21 heures et s’achève au plus tard à 7 heures. » (Article L3122-29 et suivants du Code du travail)

Le travail posté correspond à une organisation dans laquelle plusieurs équipes se relaient successivement aux mêmes postes de travail selon une rotation prédéfinie.

Le travail « en équipes successives et alternantes » et le travail de nuit font partie des facteurs de pénibilité visés par le Code du travail. Chaque employeur doit donc déclarer l’exposition des travailleurs à ces facteurs de risques.

Les risques pour la santé du travail en horaires décalés

Le travail de nuit n’est pas sans risques pour la santé. En effet, les rythmes circadiens de l’être humain sont conçus pour un fonctionnement éveil-jour, sommeil-nuit. Le travail de nuit, posté ou en horaires décalés, bien que l’homme puisse s’y adapter, désynchronise l’horloge biologique et diminue le temps de sommeil.

Les professionnels de la santé qui travaillent en horaires décalés dorment mal : 62% ont un trouble d’endormissement et 80% un trouble de continuité du sommeil.

Réseau Morphée, 2018

Selon rapport d’expertise collective de l’ANSES, 2016, les risques du travail de nuit sont regroupés en trois groupes :

  • Effets avérés : troubles du sommeil, baisse de la vigilance, syndrome métabolique ;
  • Effets probables : détérioration des performances cognitives, dégradation de la santé mentale (anxiété, irritabilité, dépression, troubles de l’humeur, etc.), cancers, obésité, surpoids, diabète, maladies coronariennes ;
  • Effets possibles : dyslipidémies, AVC, hypertension artérielle.

Le travail de nuit a également un impact non négligeable sur la santé des femmes : augmentation du risque de cancer du sein, perturbation de la grossesse.

En raison des troubles du sommeil et de la vigilance, la fréquence et la gravité des accidents peuvent augmenter (accident de trajet et/ou sur le lieu de travail).

Le risque d’avoir un accident de la route mortel la nuit est sept fois supérieur au risque diurne.

Chiffres de la Sécurité Routière

Plus globalement, le travail de nuit peut avoir des conséquences négatives sur la vie sociale et familiale : moins de temps passé en famille, problèmes d’articulation vie professionnelle/vie privée, difficultés pour organiser des rencontres amicales, faire des sorties, etc.

Si le travail de nuit/posté ne peut être évité, certaines bonnes pratiques permettent d’en limiter les effets néfastes :

  • Agir sur l’organisation et l’environnement de travail
  • Adapter les locaux et les horaires de travail
  • Suivre des indicateurs clés de performance
  • Informer et sensibiliser les salariés aux risques.

C’est notamment sur ce dernier point que nous avons accompagné Veepee. L’entreprise compte un bon nombre de salariés en horaires décalés, d’où l’intérêt de leur faire suivre des ateliers autour de la gestion du sommeil et de la vigilance.

Gestion du sommeil et de la vigilance pour salariés en horaires atypiques : le cas client Veepee

L’enjeu de Veepee : améliorer la sécurité de ses collaborateurs

Charline, pourriez-vous vous présenter et expliquer votre rôle au sein Veepee ?

veepee logo

Je suis Charline Avogadro et je suis Chargée de Missions RH chez Veepee depuis septembre 2020. Après plusieurs années d’expériences dans la logistique en tant que préparatrice de commandes et cariste, j’ai décidé de reprendre mes études pour découvrir le métier des Ressources Humaines.

Outre les missions de développement RH et de gestion opérationnelle sur un de nos entrepôts logistiques, je suis chargée d’élaborer et de mettre en place le plan de développement des compétences pour l’ensemble de nos entrepôts en France. En fonction des besoins de formation, je sélectionne les programmes et les organismes de formation pour ensuite organiser et déployer les sessions sur l’ensemble des sites. En collaboration avec la chargée de formation à Paris, je suis le relais entre le siège et la logistique, ce qui nous permet de nous adapter au mieux aux problématiques et besoins du terrain.

En 2021, Veepee a travaillé sur sa stratégie de formation pour répondre toujours mieux aux besoins des collaborateurs. Nous avons créé un catalogue répondant à de nouvelles thématiques pour nos préparateurs de commandes et avons choisi de les accompagner sur des problématiques plus personnelles (ex : gestion d’un budget familial ou patrimonial, bien-être personnel) que ce soit au travail ou dans leur vie personnelle. C’est donc tout l’objectif de la mise en place des formations Gestion du sommeil, de la vigilance et des rythmes de travail.

En    début    d’année,    vous    construisez    un    catalogue    de    formations        prévention santé/sécurité/QVT. Comment le définissez-vous ?

Avant cette année, nous proposions les formations réglementaires (CACES, SST, EPI, …) à nos préparateurs de commandes et le recensement des besoins se faisait uniquement sur un formulaire papier.

L’objectif de 2021 était donc de proposer un catalogue de formation plus moderne et plus adapté aux besoins et aux envies de nos collaborateurs. Nous avons choisi de cibler des problématiques plus en rapport avec des besoins personnels, sur le bien-être et la qualité de vie au travail. Nous recensons les souhaits de formation lors d’un réel échange avec le manager.

Pour 2022, nous avons fait le choix de mettre le catalogue à disposition plus tôt dans l’année afin qu’ils puissent en prendre connaissance et avoir plus le temps pour découvrir et choisir les formations qui les intéressent le plus.

Quelles problématiques avez-vous pu rencontrer au sein de Veepee qui vous ont incitée à vous tourner vers des formations sur le sommeil et la vigilance au travail ?

Veepee est sensible à la sécurité et au bien-être de ses collaborateurs qui travaillent sur des horaires en décalé et en roulement d’équipe.

Nous souhaitons qu’ils puissent rester vigilants lorsqu’ils occupent leur poste de travail, que ce soit pour leur sécurité ou pour celle de leurs collègues. Nous partons du principe qu’il vaut mieux prévenir et sensibiliser nos collaborateurs sur les dangers éventuels que peuvent causer le manque de sommeil en entrepôt.

La solution : l’organisation d’ateliers autour du sommeil et du travail en horaires décalés

Comment vous êtes-vous organisée pour former tous les salariés, dispersés dans plusieurs sites en France sans mettre en place de distanciel ? Pourquoi avoir choisi le présentiel plutôt que le distanciel ?

Certains de nos sites logistiques sont collés les uns aux autres, ce qui a facilité la mise en place de sessions avec des salariés d’entrepôts différents. Tout en respectant le protocole sanitaire en vigueur, nous avons fait le choix du présentiel afin de favoriser le lien social, la mobilisation et l’engagement de nos salariés et leur permettre de sortir de leur rythme quotidien. Ces formations leur permettent aussi de pouvoir apprendre à se connaître entre eux car ils travaillent sur des sites différents.

Qu’ont appris vos collaborateurs concrètement lors de ces journées de formation ?

Selon l’enquête à chaud faite à l’issue des sessions de formations, certains collaborateurs se disaient un peu réticents sur le contenu de la formation mais ils ont finalement beaucoup apprécié les astuces de respiration et les techniques d’apaisement pratiqués avec la formatrice. Cette formation utilise beaucoup la pratique et je pense que sur la thématique du sommeil, c’est vraiment ce qu’ils attendaient. J’ai rencontré des préparateurs qui m’ont dit avoir appris à écouter leur corps et à s’adapter davantage à leur rythme de travail. Ils disent arriver à mieux gérer les moments de somnolence sur leur poste de travail.

Après avoir suivi la formation, des préparateurs m’ont dit avoir appris à écouter leur corps et à s’adapter davantage à leur rythme de travail. Ils disent arriver à mieux gérer les moments de somnolence.

Que faites-vous au sein de votre entreprise pour limiter les problématiques liées au travail en horaires décalés/travail de nuit ?

Les sujets de santé et de sécurité sont au cœur des priorités de notre équipe HSE. Nous avons voulu doubler notre impact en ajoutant une sensibilisation par la formation. Nous avons d’ailleurs mis fin aux équipes de nuit dans tous nos entrepôts.

Les impacts positifs des ateliers sommeil et vigilance pour les travailleurs en horaires atypiques

Quel est votre retour d’expérience après avoir organisé ces formations avec Goalmap ?

Les deux formatrices qui se sont déplacées chez Veepee ont été beaucoup appréciées des participants de par leur dynamisme, leur pédagogie et les connaissances qu’elles ont pu apporter aux différents groupes. Beaucoup se demandaient ce qu’ils allaient pouvoir apprendre sur leur sommeil. Leurs retours sont aujourd’hui très positifs et selon l’enquête de satisfaction, 70% disent recommander cette formation à leurs collègues.

Pour ce qui est de la mise en place des formations avec l’équipe Goalmap, nous avons plus particulièrement apprécié leur disponibilité et leur réactivité. L’activité en 2021 fut très intense et nous avons eu la chance de former plusieurs groupes dans un délai très court. Toute l’équipe a été très réactive et flexible, ce qui nous a permis de tenir nos engagements.

Les retours sont très positifs : 70% disent recommander la formation autour de la gestion du sommeil, de la vigilance et des rythmes de travail à leurs collègues.

Quels impacts positifs avez-vous pu remarquer sur vos collaborateurs après la mise en place de ces formations ?

D’après les retours des évaluations à chaud, je pense que les participants ont pris conscience de l’importance d’une bonne gestion du sommeil pour prévenir toute erreur. Ils ont notamment appris à mieux gérer les moments de fatigue qu’ils pouvaient avoir sur leur poste de travail. Nous sommes surtout contents qu’ils aient apprécié cette formation et que celle-ci puisse leur servir dans leur quotidien, aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan personnel.

Les participants ont pris conscience de l’importance d’une bonne gestion du sommeil et ont appris à mieux gérer les moments de fatigue.

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